Mais qu’entend-on par talent ? En quoi ce concept se différencie-t-il de la gestion par les compétences ?
Le talent, parlons-en
Le talent est inné, c’est un don, une chose que l’on fait avec facilité sans avoir appris. Le talent s’associe à la joie et au plaisir.
Initialement considéré comme unique et rare, il semble à présent admis que chaque personne possède naturellement un ou plusieurs talents. Certains ont su les identifier et les valoriser, d’autres non.
Tout le monde en possède. Ce qui importe, c’est d’en être conscient. Il faut ensuite se débarrasser de toutes les croyances qui empêchent son accomplissement, tous les « je ne vaux rien », ce que je suis n’intéresse personne », « je n’arriverai jamais »
Le talent est donc un domaine dans lequel on excelle et qui procure du bonheur quand on l’exerce.
Le talent se cultive. Un talent cultivé et développé par des connaissances et de la pratique devient une force.
Différent de la compétence, qui est avant tout d’ordre cognitif (savoir), le talent est une capacité naturelle, facile à mobiliser, qui procure du plaisir. Si la compétence est un savoir-faire, le talent est un aimer-faire.
Les talents sont des prédispositions que chaque personne possède et qui la rendent efficace ou performante dans certains rôles ou fonctions professionnelles. C’est quelque chose que l’on ressent, que l’on fait de manière naturelle ou que l’on a toujours su faire.
Les talents constituent des forces, des différences, des valeurs qui font que chacun est unique.
Les talents représentent notre intelligence émotionnelle et se transforment en compétences comportementales.
Le talent s’accompagne de désir et de volonté. Il n’émerge qu’au terme d’un apprentissage dans la durée.
Le talent comme la compétence sont des attributs portés par les personnes individuellement. Cependant à la différence de la compétence pour laquelle tout le monde convient qu’elle s’acquière et se transmet par l’apprentissage, formation…
Tout inné qu’il puisse être, il est aussi convenu que les conditions et les environnements de son expression sont déterminants pour qu’il soit identifié et apprécié.
D’ou l’intérêt que les sciences de gestion et les entreprises dans les pays développés, ont eu à adapter la notion de talent à leurs finalités et leurs objectifs. Pour également percevoir (peut-être) plus positivement ce qu’individuellement et collectivement nous avons à retenir de cette notion pour la formation, la gestion des parcours professionnels, la valorisation du travail.
Et puis l’expérience, les compétences acquises et l’adaptation ne suffisent plus dans une compétition qui s’accélère et se complexifie. C’est l’heure du changement continu qui nécessite des innovations continues, de la réactivité, de l’agilité…Nouveau paradigme : miser sur les points forts d’un agent au lieu de lutter contre les points faibles.
Le management par les compétences s’appuie sur la notion de prévisibilité. Cette démarche prenait tout son sens dans un monde stable tel que nous l’avons connu au XXème siècle. Elle devient inefficace dans un environnement en perpétuel changement.
Le management par le talent n’est pas fondé sur des processus formels et part de la personne.
Les talents différencient également les personnes qui ont les mêmes formations, les mêmes diplômes ou les mêmes expériences.
Cependant, associés aux compétences, ils représentent un potentiel immense souvent inexploité.
L’International Institute for Management Development (IMD) publie depuis 1989 son classement annuel de la compétitivité des nations et des entreprises. Ce rapport évalue la capacité de 60 pays à maintenir et à stimuler la compétitivité des entreprises. Le concept de compétitivité retenu est très large : il couvre l’ensemble des ressources et des compétences utilisées par un pays pour accroître la prospérité de sa population. Le rapport synthétise ainsi les principaux facteurs garantissant la prospérité de long-terme d’une nation.
Les quatre facteurs retenus sont :
– Performance économique ;
– Efficacité du secteur public ;
– Efficacité des entreprises ;
– Infrastructure.
Le dernier classement remonte au mois de mai 2014. Les dix premiers étant les suivants: les Etats-Unis (1), la Suisse (2), Singapour (3), Hong Kong (4), la Suède (5), l’Allemagne (6), le Canada (7), Emirats Arabes Unis (8), le Danemark (9), la Norvège (10). La suite de ce classement pourrait intéresser le Congo Brazzaville, notre pays : la Malaisie (12), le Royaume-Uni (16), le Qatar (19), le Japon (21), La Chine (23), Israël (24), la Corée du Sud (26), la France (27), la Belgique (28), Fédération de Russie (38), l’Espagne (39), la Turquie (40), le Portugal (43), l’Inde (44), l’Italie (46), la Roumanie (47), l’Afrique du Sud (52), le Brésil (54), la Grèce (57)…
Cependant, par insuffisances de travailleurs qualifiés la France, l’Angleterre et l’Allemagne sont confrontées à une pénurie de talents et de compétences. La France est handicapée par la rigidité de la réglementation de son marché du travail. L’Angleterre est confrontée à une pénurie de talents dans de nombreux secteurs, et souffre d’un chômage élevé. L’Allemagne devrait être pénalisée par un manque de compétences quand les travailleurs qualifiés partiront à la retraite. Mais cependant, L’Allemagne continue, elle, de tirer les bénéfices de son système de formation qui privilégie l’apprentissage. Elle a aussi mis en place une politique d’immigration sélective qui attire des travailleurs hautement qualifiés comme le Canada et l’Australie.
La France, quant à elle, a créé par une loi du 24 juillet 2006, la carte de séjour « compétences et talents ». Ce titre de séjour est délivré aux ressortissants étrangers ayant des compétences et des talents et dont le projet contribue au développement économique de la France et de leur pays d’origine, ou au rayonnement intellectuel, scientifique, culturel, humanitaire, sportif de ces pays. Le 16 juillet 2014, un autre projet de loi sur l’immigration a été présenté au Conseil des ministres. Ce projet prévoit la création d’un « passeport talent » : une initiative pour retenir les jeunes diplômés étrangers hautement qualifiés.
La fuite des compétences qui est une forme d’émigration, est un phénomène mondial qui frappe aussi toute l’Afrique où il pose un grave problème pour le développement du continent.
Les ressources humaines dotées de compétences particulières reconnues doivent être considérées comme la plus grande richesse d’un pays. Dans le contexte actuel de la globalisation on n’hésite pas à les considérer comme un précieux capital, voire un produit stratégique. En Afrique, après les exodes forcées du 16ème siècle, on assiste, avec la fuite des compétences et talents, à ce qu’on appelle la deuxième diaspora, qui, elle, est scientifique et qui contribue à creuser le fossé entre les pays riches et les pays pauvres. Les pays développés encouragent et soutiennent cette nouvelle forme d’exploitation des pays en développement, en pillant leurs ressources humaines qualifiées. C’est à partir de l’analyse des causes de départ que l’on peut définir les possibilités, les formes et modalités de retour. En examinant ces causes on en retient deux principales : d’une part les mauvaises conditions de travail et de vie et d’autre part, la situation politique. C’est donc en travaillant à l’amélioration de ces deux types de problèmes que l’on peut espérer renverser la tendance. Cela permettra alors, dans un premier temps, de retenir ceux qui sont sur place et dans un second, d’encourager le retour de certains d’entre eux.
Nous pouvons ainsi affirmer, que notre pays le Congo Brazzaville, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, possède actuellement un potentiel de jeunes hautement qualifiés dans de nombreux domaines, disséminés ainsi dans les quatre coins du monde. Ajoutés à cela des talents, donc nous n’avons même pas à nous sous estimer, au contraire nous devons capitaliser toutes ces ressources humaines qui nous sont propres, les apprécier à leur juste valeur et les utiliser à bon escient. Mettre également l’accent dans la formation technique, agricole etc…
Etre regardant aussi par rapport aux petits et moyen métiers: (boulangerie, droguerie, pressing, agence de voyage, friperie, commerce de denrées alimentaires, des boutiques de camelote vendus sur toute l’étendue du territoire etc…), qui ne peuvent pas faire l’objet des domaines réservés par d’autres communautés. Et si c’était encore de la main d’œuvre qualifié qui contribuait au rayonnement de notre pays ; au contraire, loin de là. Cependant le nombre de chômeurs nationaux ne cesse d’augmenter, que faire ?
Les fils et filles de ce pays devraient s’asseoir pour faire le point.
« Si tu ne peux pas voler, alors cours. Si tu ne peux pas courir, alors marche. Si tu ne peux pas marcher, alors rampe, mais quoi que tu fasses, tu dois continuer à avancer. » Martin Luther King.
La République du Congo doit avancer, mais avancer dans la Paix, la Sérénité, l’Unité et l’Amour.
Lydie-Patricia ONDZIET
