
Le terme Ubuntu est un concept présent dans toutes les langues bantoues (en lingala Bomoto, boboto, bondeko; en kinkongo kimuntu ; en punu butu ; en kinyarwanda et kirundi Ubuntu). Toutefois, ce mot peut se traduire par : « je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ».
Ainsi, Ubuntu est une notion venant de l’Afrique subsaharienne, proche des concepts d’humanité et de fraternité. Ce mot a été mis en exergue par les langues bantoues de l’Afrique du Sud, liée à l’histoire de l’Apartheid, elle a inspiré la politique de réconciliation nationale de Nelson Mandela. Toutefois, l’entrepreneur sud-africain Marc Shuttlework crée le système d’exploitation nommé Ubuntu en 2004 ; d’où le principe a été mondialement popularisé. Le nom a d’ailleurs été déposé en tant que marque par la société canonical.
La tradition bantoue utilise le terme « Ubuntu » pour se référer à l’esprit communautaire. L’idée d’Ubuntu est celle d’une incitation réciproque, d’un partage qui construit mutuellement les êtres. Il faudrait plusieurs mots comme : « humanité, partage, inventer, construire, mettre ensemble » pour traduire le seul mot Ubuntu.
L’individu libéral occidental s’est libéré des liens traditionnels qui structurent les sociétés depuis que l’homme existe. Pour le libéralisme triomphant la vie sociale s’organiserait en dehors de tout jugement de valeur, selon les lois du marché libre, qui règlent l’économie des biens, et du droit abstrait, qui régit les rapports entre les personnes. Ainsi la société se constitue sur la base de l’intérêt individuel. De l’histoire, des traditions, des ancrages sociaux, on fait table rase. L’individualisme en vogue dans la civilisation moderne a détruit en l’homme tout esprit communautaire ou familial. Il est à la base de la nouvelle orientation exclusivement matérialiste prise par la civilisation occidentale. Il justifie tous les excès auxquels on assiste aujourd’hui. L’affaiblissement des valeurs familiales et l’individualisme qui les a remplacées ont donné lieu à une dissolution des mœurs et à un relâchement de la morale sans précédent dans l’histoire de l’humanité. La perte des valeurs familiales a entrainé une généralisation du relâchement des mœurs.
Les nations, leur culture, leur histoire, sont essentielles au développement et à l’épanouissement de l’homme et ne peuvent être négligées. L’homme n’est pas un être désincarné et a besoin de se sentir enraciné dans une histoire, un pays, une identité.
La charité ne consiste pas à laisser ses enfants faire ce qu’ils veulent mais à les éduquer (et donc à les punir s’il le faut) pour les rendre libre. Eduquer un enfant, c’est lui apprendre aussi que le monde ne se plie pas à sa volonté, à ses désirs. La rigueur, la discipline, l’exigence, l’obéissance sont des valeurs comme la tolérance, la générosité à enseigner aux enfants. Ses valeurs sont trop souvent oubliées par la société alors qu’elles sont essentielles à l’épanouissement de l’homme.
Autrefois le groupe (famille, nation) primait sur l’individu. La société occidentale est passée d’un excès à un autre en passant à la primauté absolue de l’individu sur le groupe.
Le relativisme, l’individualisme, le sentimentalisme ne peuvent bâtir une civilisation de l’Amour.
L’Afrique doit se réapproprier son histoire, réapprendre à apprécier la place, l’importance de la famille en Afrique.
La famille c’est le lieu de naissance, le lieu où tous, nous venons au monde, où tous, nous faisons nos premières expériences de la vie, de l’amour de l’hospitalité, de la solidarité. La famille est pour ainsi dire le premier creuset d’humanisation et de socialisation.
En réalité, l’Afrique doit puiser dans ses propres racines, pour mieux aller de l’avant. Ce qui revient à dire que l’Afrique doit retourner à ses propres sources pour prendre le meilleur de ce que le passé lui a enseigné, légué, ce qui lui permettra d’exploiter tout son potentiel pour avancer.
Lydie-Patricia ONDZIET
