Selon les paléontologues et les généticiens, l’Afrique est le berceau de l’humanité. L’homo sapiens (l’homme moderne) l’ancêtre de l’homme qui dans sa diversité actuelle et avec différents phénotypes a évidemment d’autres ancêtres. Le premier ancêtre connu actuellement de l’homme dans le langage savant (homininé) a été surnommé Toumaï qui signifie en langue locale « Espoir de vie » nom donné par le président de la république du Tchad. Il a vécu il y’a environ 7millions d’années. Les restes de Toumaï ont été découvert au Tchad en 2001 par une équipe dirigée par le paléontologue français Michel Brunet, il mesurait 1m et pesait 35kg. Ensuite, chronologiquement apparaissent :
– L’australopithèque environ 4,4 millions d’années (Lucy)
– L’homo habilis (l’homme habile) environ 2,5 millions d’années
– L’homo erectus (l’homme qui se tient droit) environ 1 millions d’années, il découvre le feu.
– L’homme du Néandertal environ 250.000ans, il a disparu il y a environ 28.000ans.
– L’homo sapiens quant à lui, il fait son apparition il y a environ 300.000ans.

Toutefois, c’est en 1829 qu’une découverte des ossements est faite par Philippe-Charles Shmerling médecin, anthropologue et paléontologue dans la province de Liège (Belgique). Il faut attendre 1851 pour admettre que ces os se rapportent à une espèce d’homininé appelé Néandertal, un homininé d’il y a 200.000 ans environ lui aussi originaire d’Afrique et cousin d’homo sapiens (venu d’Afrique un peu plus tard). En 1868, le géologue Louis Lartet découvre l’homme de Cro-Magnon en Dordogne (France) qui est homo sapiens (descendant de l’homme sortie d’Afrique il y’a environ 100.000 ans).

Cependant, c’est grâce à la découverte en Afrique du Sud en 1924 de l’enfant de Tong un australopithèque d’il y a 2 millions d’années que la communauté scientifique finira par valider l’origine africaine de l’homme. En 1974, Lucy fait remonter l’humanité à 3,2 millions d’années et au début des années 2000 Toumaï nous renvoie encore plus loin à 7 millions d’années toujours en Afrique. L’homo sapiens, l’homme actuel n’apparaît qu’il y a environ 300.000 ans. Les traces les plus anciennes ont été retrouvées en 2015-2016 sur le site de Jebel Irhoud à l’ouest du Maroc. D’autres traces moins anciennes (moins de 200.000 ans) avaient été retrouvées en Ethiopie. Toutefois, les sites découverts en Afrique de l’est (Ethiopie, Tanzanie, Kenya) sont d’une très grande richesse. En effet, les scientifiques de l’Université de Stony Brook de New York ont découvert le 21 août 2018, le plus vieux cimetière d’Afrique de l’Est situé dans le nord du Kenya le « Lothagam North Pillar » il aurait près de 5 000ans et contiendrait environ 580 corps.
A cet effet, la communauté scientifique réitère que l’espèce homo sapiens, c’est-à-dire l’homme moderne que nous sommes trouve ses racines en Afrique il y’a environ 300.000ans. L’homo sapiens ne connaît pas de frontières. Au fil du temps, il se déploie donc non seulement sur le continent africain, mais aussi en Asie, en Europe et plus tard, sur le continent américain. Ainsi, l’homme moderne est né noir et a commencé à peupler la terre. Des travaux anthropologiques montrent que les populations installées en Europe avant l’an 6000 avaient encore la peau pigmentée. L’humanité a émigré vers le nord tardivement, et les premiers hommes installés en Europe, il y a 40.000ans étaient noirs.

Par le fait, les anthropologues attestent que l’homme « blanc » existe depuis peu. Au cours d’une réunion annuelle tenue le 26 mars 2015, les anthropologues américains ont démontré que l’homme à la peau blanche n’existe que depuis 8000ans.
Néanmoins, pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont comparé les génomes de 83 individus issus de sites archéologiques européens. L’équipe de chercheurs a révélé en février 2015 que les européens d’aujourd’hui avaient pour ancêtres trois anciennes populations de chasseurs-cueilleurs et fermiers. A cet effet, les scientifiques ont identifié le manque de deux gènes, le SLC24A5 et le SLC45A2 comme signe de la dépigmentation des européens. Un blanchiment dû à l’adaptation au soleil.

En fait, originaire d’Afrique où le taux d’ensoleillement était fort, nos ancêtres étaient dotés d’une peau très foncée pour se protéger des rayons UV. En migrant vers le nord, sous des latitudes de faibles ensoleillements, leur peau s’est dépigmentée afin de s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. En réalité, une peau plus claire exposée au soleil produit plus de vitamine D par rapport à une peau foncée et notre corps à besoin de vitamine D pour que nos os demeurent en bonne santé.
La mélanine est un pigment de couleur brune qui est synthétisée par les cellules de la peau et donne un teint plus ou moins clair ou foncé. La quantité de la mélanine produite chez un individu, n’est pas la même d’une région du globe à une autre.

Le consensus scientifique n’a pas toujours été une évidence. En effet, entre le XVIIe siècle et la fin de la 1ère guerre mondiale, nombre de savants occidentaux ont nié l’origine négro-africaine de l’homme. Plus récemment, David Begun professeur de paléontologie à l’Université de Toronto est l’un des partisans de la thèse d’une origine européenne de l’homme et d’un détour ultérieur de celui-ci vers l’Afrique. Toujours est-il que, sa thèse ne suscite en aucun cas l’enthousiasme de la communauté scientifique.
Par conséquent, l’historien, anthropologue, égyptologue de renom Cheikh Anta Diop, héraut de l’apport de l’Afrique noire à la marche de l’histoire mondiale, insistait pour sa part, sur la négritude des premiers hommes. Ainsi donc l’homo sapiens est né noir en Afrique il y a environ 300.000ans.

La diversité génétique des africains est aussi un indice de l’origine négro-africaine de l’humanité. Une étude réalisée en mai 2002 par des chercheurs du département d’écologie et d’évolution de l’University of Chicago, selon eux, il y a une plus grande diversité génétique chez les africains que chez les eurasiatiques. La diversité génétique toujours des eurasiatiques d’après cette étude est en grande partie un sous-ensemble de celle des africains. Etant donné qu’il n’existe pas d’autres centre de diversité génétique similaire à l’extérieur de l’Afrique. La preuve ADN constitue une preuve de plus en faveur de l’origine africaine récente de l’homme moderne.

Nonobstant au stade actuel, le site de Jebel Irhoud situé à l’ouest de Marrakech (Maroc) devient le nouveau berceau de l’humanité depuis la découverte de restes d’homo sapiens de 300.000ans considérés comme les plus vieux du monde. Ainsi, le paleontropologue Jean-Jacques Hublin hérauts tous deux avec son confrère Abdelouahed Ben-Ncer de ces découvertes affirme : « le berceau des origines de l’homme est toujours en Afrique…mais c’est tout le continent africain ». Cette découverte implique un scénario évolutif complexe de notre humanité qui englobe l’ensemble du continent africain. En réalité, l’homme d’aujourd’hui serait plutôt le fruit de groupes dispersés dans toute l’Afrique.
Ceci étant, en cartographiant l’apparition de la fréquence des marqueurs génétiques de nos contemporains, les chercheurs ont pu retracer où et quand les premiers hommes se sont déplacés sur la planète entière.
En fin de compte, l’Univers reste malgré tout pour l’homme un grand mystère.
Lydie-Patricia ONDZIET
Présidente de l’association la Trinité
Présidente d’honneur du Mouvement Dynamique Implication 2009
Membre de l’Association Panafricaine d’Aquitaine