Image: Les bases de l’échelle de Kardashev

Qu’est-ce que la théorie de Kardachev?

Proposée en 1964 par l’astrophysicien soviétique Nikolai Kardachev, cette théorie vise à classer les civilisations selon la quantité d’énergie qu’elles sont capables d’exploiter. Plus une civilisation maîtrise d’énergie, plus elle est avancée technologiquement.

Kardachev a identifié trois types de civilisation:

– Type I : maîtrise de toute l’énergie disponible sur une planète.

– Type II : maîtrise de toute l’énergie émise par une étoile (ex. : notre Soleil).

– Type III : maîtrise de l’énergie d’une galaxie entière.

Depuis, d’autres types ont été imaginés (type IV, V…), mais ils restent hautement spéculatifs.

Et l’humanité, alors?

D’après les estimations les plus courantes, notamment celles inspirées par Carl Sagan, l’humanité ne serait qu’à environ 0,72 sur l’échelle de Kardachev. Cela signifie que nous ne sommes même pas encore une civilisation de type I.

Pourquoi?

En fait, notre consommation énergétique actuelle  est estimée à environ 18 térawatts “TW” (soit 1.8 × 10 watts). En effet, cette consommation est bien en dessous du seuil des 10¹⁶ watts nécessaires pour atteindre le type I.

Qu’est ce qui nous freine?

Plusieurs obstacles expliquent notre position encore modeste:

–  Dépendance aux énergies fossiles.

Malgré les progrès dans les énergies renouvelables, une grande partie de notre énergie provient toujours du charbon, du pétrole et du gaz.

– Inégalités d’accès à l’énergie

Tous les pays ne sont pas au même niveau de développement. Certaines régions manquent d’infrastructures, d’électricité ou de réseau fiables.

–  Limites technologiques

Des technologies comme la fusion nucléaire, pourtant prometteuses, ne sont pas encore opérationnelles à grande échelle.

–  Problèmes environnementaux

Une exploitation incontrôlée de ressources planétaires pourrait avoir des effets catastrophiques sur le climat et la biodiversité.

–  Facteurs géopolitiques

Les tensions internationales, les conflits, les guerres et les inégalités ralentissent la mise en oeuvre de projets énergétiques globaux et durables.

Tous les continents sont-ils sur un même pied d’égalité?

Bien que la théorie de Kardachev s’applique à une civilisation globale, la réalité actuelle montre une forte inégalité énergétique entre les continents, notamment entre l’Afrique et les régions les plus industrialisées.

Inégalités concrètes:

En réalité, les pays riches (Amérique du Nord, Europe, Asie) consomment beaucoup plus d’énergie par habitant que les pays africains. Bien que l’Afrique ait une part notable de renouvelable, il s’agit surtout de biomasse traditionnelle inefficace. En effet, en Afrique subsaharienne, la consommation moyenne est parfois 100 fois inférieure à celle d’un habitant des Etats-Unis. Environ 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, ce qui freine le développement technologique local. En fait, ces inégalité freine le progrès global vers le type I. En somme, l’Afrique subsaharienne est à la traîne en termes d’accès de volume consommé et de modernité énergétique. En revanche, l’Asie, l’Amérique, l’Europe affichent des niveaux de consommation et de couverture élevés avec un virage progressif vers les énergies propres (solaire, éolien, hydro-électrique, géothermique). Il faut reconnaître qu’une humanité fragmentée énergétiquement ne peut pas évoluer collectivement sur cette échelle. Ainsi, pour avancer il faudrait accélérer l’accès universel à l’énergie, investir dans les solutions locales renouvelables et durables, favoriser également une coopération équitable entre les continents.

Comment passer au type I?

Atteindre le type I ne relève pas simplement de la technologie, mais d’un changement global de paradigme:

– Développer massivement les énergies renouvelables

– Innover dans le stockage et la distribution intelligente

– Favoriser la coopération internationale

– Réduire le gaspillage

– Investir dans la recherche, notamment la fusion contrôlée qui est une méthode visant à reproduire, sur terre, la réaction qui alimente le soleil et les étoiles, mais de façon maîtrisée et sécurisée.

Combien de temps encore?

Certains scientifiques estiment qu’au rythme actuel, nous pourrions devenir une civilisation de type I d’ici 100 à 200 ans, à condition de surmonter les défis écologiques, sociaux et politiques.

Conclusion

L’humanité n’est encore qu’une jeune civilisation en devenir, loin de la maîtrise totale de son énergie. La théorie de Kardachev, nous rappelle que notre avenir technologique dépend autant de nos choix éthiques et politiques que de nos avancées scientifiques. En effet, c’est un miroir tendu vers ce que nous pourrions devenir, si nous savons évoluer de manière responsable, inclusive et collective.